Peintures en reliance à l’Âmour et au Divin ✨

L’artiste comme psychopompe : 2. Le chercheur de l’intime

Sable et ciel très bleu en guise d'illustration de l'intime.

Nota bene : cet article est le second d’une série. Lire le précédent : Le pouvoir de l’écoute.

La quête intérieure

Quel rapport avec la peinture ? (Et bien plus largement, l’acte de création.)

Il m’apparaît aujourd’hui comme évident mais cela n’a pas été toujours le cas, loin de là !

Avant d’aller plus loin dans la réflexion de la canalisation et de ce qu’elle présuppose, je m’arrête sur la position de l’artiste en tant que chercheur.

Il nous faut voir l’artiste comme personne. Le sortir du rôle imaginaire du « barbouilleur de toiles » ou de « grand enfant qui a conservé ses crayons et développé son imaginaire ». Dans son ipséité, l’artiste commence par se chercher. En tant qu’humain, il va aller interroger des lieux et leurs représentations, arpenter ses espaces internes et intimes. Ce sont ses trésors, ceux qu’il exhume, qu’il questionne et depuis lesquels il va pouvoir déployer sa spontanéité.
 C’est depuis cette base qu’il va créer des espaces qui n’existent pas et s’outiller pour développer son langage.

Cette exploration est à la fois un préambule nécessaire à l’accouchement des premières œuvres, mais également un sentier qui va être parcouru de nombreuses fois. Et le plus le mieux ! Car c’est de là que naissent des choses extraordinaires. Mais aussi que se crée un refuge au monde, un lieu dans lequel venir se reposer, s’apaiser… et hurler, en toute sérénité. Vivre ses émotions, oh ! combien intenses. Déverser ses pensées les plus noires, les moins reluisantes pour mieux les contempler et les alchimiser.

Cette nébuleuse est propre à chacun, bien évidemment. D’elles, naissent des constellations entières dès qu’une œuvre collaborative voit le jour.
Je reviendrai une autre fois sur l’importance des pratiques croisées.

Retournons pour l’instant à nos pinceaux.

La gratitude

J’ai une immense pensée pour de nombreuses femmes (elles seraient très nombreuses à remercier, aussi je ne mets que quelques noms).
Je pense évidemment au travail de Clarissa Pinkola Estés, de Marianne Grasselli Meier, de Karine Nivon (fondatrice de la revue Rêve de Femmes) et de Miranda Gray qui ont littéralement défriché des voies et ouvert des espaces salutaires. Ainsi, d’autres ont pu s’autonomiser à leur tour grâce à l’immense sécurité proposée et retrouvée. Pour ensuite essaimer, transmettre à leurs paires.

De ce cercle vertueux émerge ce fameux espace intime, véritable caverne d’Ali Baba personnelle. Sans sécurité minimale, pas de création. Sans espace, sans temps, pas de création. Sans conscientisation de ces besoins, toujours pas de création. Mais beaucoup – beaucoup ! – de frustration.

Retour dans la caverne de l’artiste donc, creuset merveilleux où tant d’opérations se déroulent. Je souligne ici que les formes sont différentes pour chacun.e et que la conscience de ces états peut être elle aussi très variable.
Peut-être que certains confrères en me lisant balayeront l’ensemble d’un revers de main, percevant le tout comme bien trop intellectualisé. Ce que je leur accorde bien volontiers au demeurant, puisque telle est alors leur perception.

Le creux et son empreinte

Je reste curieuse du ressenti de chacun et chacune. Au fil de mes lectures et discussions une piste est apparue comme manifeste : la femme se ressent et décrit facilement comme « pleine » ou « vide ». Physiologiquement c’est logique. Et même une fois les menstrues terminées et la ménopause installée, la connexion à notre coupe intérieure reste présente. Toutes les femmes ne l’associent pas à leur « grotte d’artiste », mais ce qui importe ici c’est cette dimension physique, presque physiologique et viscérale.

Alors, une question me vient : « être femme et artiste, est-ce différent que d’être homme et artiste ? »

J’explore une petite partie de cette grande question dans l’article suivant : Sommes-nous des (neuro) transmetteurs ?

Hari Om,
Aëlle