Je peins l’amour que je porte au Monde,
les couleurs sont l’expression de ma joie.

"Les ecchymoses de mon âme" par Aëlle - Acrylique et broyât de pierres semi-précieuses dans la première couche de vernis - 92cm x 73cm - Sri Yantra pointilliste vert sur fond violets avec des glyphes galactiques bleus, verts, roses et blancs

Les ecchymoses de mon âme

Les ecchymoses de mon âme est une plongée abrupte dans un violet et certaines de ses nuances, comme un enfant plonge dans une piscine à balles.

La construction de cette toile a été émaillée de « wahou ! mais wahou quoi !! Ah oui… Puis waouuuuh et il y a ce truc-là qui est en train de se passer [à l’intérieur de moi] et WAOUHHH !!! ».
Oui, c’est la façon la plus élaborée que j’ai trouvée pour transcrire les processus qui se sont déroulés ☺️😁

Une autre formulation tient en trois mots : « gratitude et merci ».

Nous voilà bien avancés !

J’écris ce texte presque un an et demi après sa naissance, et seuls ces souvenirs affleurent. Je me revois déposer la couche de vernis avec sa sélection de broyâts de pierres semi-précieuses et me dire… « Waouh ! ».

J’ai pourtant un vocabulaire étendu, une richesse lexicale avérée et une passion dévorante pour l’incroyable site CNRTL (mise en garde : si vous aimez les mots, ce site est un vortex temporel. Littéralement.). Mais là, cette seule exclamation contient en elle toute l’étendue de la palette émotionnelle par laquelle je suis passée. Elle synthétise l’émerveillement face à l’instant présent.

C’est donc dans ces énergies que je me suis installée pour la photographier afin de la présenter au monde. Je l’ai déposée dans la lightbox, j’ai mis mon appareil photo sur son trépied et je me suis assise en allumant les lumières. Comme aux autres, je lui ai demandé : « quel est ton titre ? » et je me suis installée dans mon silence intérieur, les yeux flottant entre le Bindu (point central du Yantra) et mon cœur. J’ai entendu sa réponse, elle m’est venue comme de très loin, presque par bribes puis d’un trait, ferme.
J’ai alors ressenti comme une chape de plomb s’installer et un chagrin immense. Je me suis dit « Mais non, mon crédo est celui de la joie, de la positivité ! Je ne veux pas de tristesse… »

Bref, mon mental s’est rebellé. Il m’a fallu plusieurs jours pour comprendre vraiment ce que signifiait ce titre.
Je peins mon parcours de vie, mes expériences. Je retranscris ce qui a été vécu et transmuté. Et oui, je suis un être résilient. J’ai reçu bon nombre de coups, traversé des épreuves et j’ai pu voir les ecchymoses marquer mon corps et se résorber. Mes cicatrices, je les aime et les recouvre symboliquement de beauté (je les expose aussi sous l’objectif d’un ami photographe, mais c’est une autre histoire ^^).

In fine, ce qui reste se manifeste à l’aide de beauté. C’est sauvage, c’est sorti de mes trip(e)s et cette spontanéité défie les règles établies pour construire sa propre cohérence en intégrant les « défauts » et les « ratés ». Elle les englobe dans un tout qui leur rend leurs significations et leurs profondeurs. Ces marques sont celles qui témoignent de paliers, comme autant de rituels réalisés et de seuils franchis.

Dans une compréhension duelle de la vie, emprunter ses chemins escarpés et accepter leurs écueils permet de puiser en nos ressources pour grandir. Sans expérience, pas de résolution possible.

Ainsi se retourner de temps en temps permet de contempler ce qui a été parcouru et intégré. Et en le faisant, je retrouve beaucoup de paix et de joie à voir ce qui est derrière. Cette œuvre est donc le témoignage de cette progression, de cette assimilation douce des expériences. Elle marque également de son sceau ce moment exact où je rejoins une forme de neutralité, une fois fini de patauger dans l’expérience même et dans ses contrecoups. Elle est assimilée, comprise, acceptée et digérée pour ne devenir qu’un souvenir qui va s’estomper avec le temps. Comme les autres.
Souvenir qui pourra être rappelé au besoin, dans ce que son témoignage pourrait soutenir d’autres personnes sur leur chemin. Ou pas, et qu’il se trouve cristallisé dans une œuvre fonctionne tout aussi bien !

Nombre de soutiens se passent largement de mots…

Hari Om
Aëlle