La Grâce de Magdalene est la première toile que j’ai peinte sur un format en 60cm par 60cm. J’ai vécu une grande invitation à peindre sur des formats plus grands que ceux que j’abordais jusqu’alors. Plusieurs synchronicités se sont enchaînées, je les ai écoutées.
Dès le départ j’ai eu l’envie d’un rouge très fort, très vif. Très soutenant aussi, et le motif de la rose s’est installé sans même que je m’en aperçoive. C’est un ami qui me l’a révélé, s’amusant que je ne voie pas l’essentiel. Les bordures, irrégulières, ont amené une énergie très particulière.
Je me suis amusée à reprendre mes notes pour regarder les dates auxquelles j’ai commencé cette toile, et celles auxquelles je l’ai terminée. Et c’était juste incroyable de voir les synchronicités ! Comme s’il y avait une connexion quelque part à un calendrier céleste puisque, effectivement, chaque étape s’est déroulée à une date reliée aux trois Marie.
C’est également le premier Sri Yantra que j’ai tracé. Il s’est déposé avec immensément de douceur, quand bien même j’ai ressenti l’appel d’une énergie altière et puissante. Le doré s’est imposé pour retranscrire cette impression. Je n’ai pas pu utiliser d’autres jaunes ou orangés, c’était cette couleur-là. Et je comprendrai ensuite pourquoi, mais dans le processus les réponses ne sont pas là : il faut se faire confiance !
Les pétales du lotus sont eux venus en argenté, permettant le mariage du couple alchimique intérieur. C’est le masculin, le Yang venu offrir sa structure et son soutien. Avec également tout l’appel à la Lune et la symbolique liée.
Ensuite les codes sont arrivés par vagues. Ils sont à la fois symétriques tout en présentant des jeux de rupture, comme s’il y avait des formes de passages ou de sentiers. Tels des espaces de silence, qui sont eux-mêmes une invitation à venir écouter dans les profondeurs ce que chacune de nos parts, ce que les espaces dans lesquels nous avons si peu l’habitude de nous rendre, ont à nous murmurer pour mieux nous révéler à nous-mêmes.
Tout cet ensemble a fait écho pour moi à quelque chose de quasi monacal. Une fois terminé, c’est facile à lire bien sûr. Mais durant la création, ce fut une sensation surprenante, qui me semblait familière et résonnait très fort dans mon corps.
C’est une œuvre qui a énormément compté pour moi. Tout le temps où elle m’a accompagnée elle m’a délivré ses secrets petit à petit, comme si elle offrait des petites touches amenant à une révélation avec beaucoup de délicatesse. Je ne parle pas d’illumination mais d’un sentiment qui vient faire mouche dans l’intime. Et c’est un cadeau des plus précieux. Je l’ai ressentie comme un immense précurseur à la sororité. Elle m’a semblé toucher le cœur des femmes, littéralement. J’ai reçu plusieurs témoignages en ce sens, qui m’ont émue au-delà des mots.
Hari Om
Aëlle

