Je peins l’amour que je porte au Monde,
les couleurs sont l’expression de ma joie.

"Mā : la Gardienne des Libertés" par Aëlle - Acrylique et broyât de pierres semi-précieuses dans la première couche de vernis - 73cm x 92cm - Yantra de Kali pointilliste rouge, jaune et orange, sur fond noir et glyphes galactiques blancs, rouges et oranges

Mā : la Gardienne des Libertés

Mā : la Gardienne des Libertés c’est Kali.

Kali encore, dans son incarnation de Durge l’invincible. Elle s’est de nouveau présentée à moi. Je commence à avoir une relation longue avec cette déesse, en tout cas je chemine dans ses énergies depuis quelques années maintenant.
Elle a le don de venir littéralement pousser les autres toiles, m’enjoignant de les terminer au plus tôt pour me consacrer à elle. Elle est une maîtresse implacable, aussi je m’exécute.

Dans cette œuvre je retrouve cette énergie, mâtinée d’une pointe de complicité. Je l’ai trouvée bien plus joyeuse que les précédentes leçons que j’ai pu vivre avec elle jusqu’alors. (Spoiler : c’était pour mieux me vendre la suivante !)

Peut-être que je me sens plus apaisée. Qu’à force d’aller visiter mes ombres et de mettre en lumière des endroits qui m’effraient au plus haut point, je finis par m’accoutumer au processus ? Qui sait ?
Sans le voir, je sais la présence du bout du tunnel et qu’à sa sortie, il y a cette lumière vive. Que ce qui s’y révèle est juste absolument magnifique. Et que le franchissement de ces peurs est juste une partie du processus pour arriver à la libération.

Je récitais son Mantra en peignant et j’avais ce sentiment d’une protection initiée par une Mère. De ces louves qui gardent leur territoire et veillent sur leurs petits avec férocité. Elle m’a enseigné à garder mes limites (et pas seulement à les poser). A avoir en conscience que cette frontière à la fois protège et libère. Alors, dans cette confiance de la totale sécurité naît un bien-être et une reconnaissance de ma capacité à manifester mon espace personnel, et à le tenir.

J’ai pu vérifier la persistance et la solidité de cette nouvelle fondation. Et envisager de construire durablement sur un terrain sain.

J’ai également apprécié la présence d’Obsidienne, chatte noire qui m’accompagne au quotidien. Quand je peignais elle ronronnait posée à côté du cadre (ou sur moi, quand mes contorsions le lui permettaient). Et lorsque j’arrêtai elle allait taper sa meilleure sieste directement sur la toile. J’ai eu quelques craintes au sujet du séchage et des poils qui se collaient dans la peinture, mais ici elle m’a rappelé d’un long regard que sa magie est tout aussi présente lors de cette traversée et sa participation non négociable. Et que ses poils étant noirs, ils se verraient à peine.
Et oui, elle a aussi une façon bien à elle de me signifier ses vérités et délivrer ses enseignements.

La joie d’expérimenter ce nouvel aplomb s’est exprimée à travers les paillettes. Leur présence donne un aspect très bollywoodien à cette toile, elle vient amener un pétillement libre et joyeux qui tranche avec l’austérité du noir et la radicalité des contrastes entre le jaune, le orange et le rouge vifs, structurés et rigides.

Les glyphes-ombres-fumée-nuages, presque vaporeux, translucides sont venus très spontanément. Il n’a fallu que quelques heures pour qu’ils prennent place et habillent les espaces.

Ce tableau a été (relativement) rapide à réaliser. Il est sorti d’une traite, sans me laisser le loisir de douter ni de m’éparpiller. Ce fut un processus incisif, presque un protocole dicté d’une main de fer et au rythme si soutenu que j’ai à peine eu l’impression de le voir passer. Intégration-éclair donc, pour une mise à l’épreuve quasi immédiate.

Cette magie-là, je m’y abandonne avec délices. Je mets des mois à comprendre que je suis ressortie de l’essoreuse et à réaliser ce qui m’a été offert. Mais je n’ai aucun doute sur l’amour qui m’est délivré ici, aussi brusque soit sa manifestation. Et ici, le présent rime avec liberté.
Gratitude Mère, c’est un cadeau d’une préciosité sans nom.

Hari Om
Aëlle